mar.
11
oct.
2011
Le nouveau Grangé, son 9e thriller, n'a rien à envier au succès de ses précédents romans, et à l'instar de Jean Reno, l'interprète à l'écran de ses premiers best-sellers Les Rivières pourpres et
L'Empire des loups, son nouveau héros « le voyageur sans bagage » a de quoi inspirer le cinéma.
Car c'est une véritable course contre la mort qu'entreprend Mathias Freire, le psychiatre amnésique, en tentant de découvrir l'identité du tueur qui mêle ses empreintes aux siennes. Mais quelle
vérité effroyable se cache derrière ces crimes inspirés des grands mythes de l'antiquité, du Minotaure à Ouranos,en passant par Icare, sinon qu'ils mettent en scène des rapports
« monstrueux » entre père et fils.
Sans doute « le gamin de Nanterre »* y a-t-il apporté beaucoup de lui-même, et sa connaissance du monde psychiatrique l'amène à faire du syndrome de « fugue
psychique » dont son personnage est victime, tout comme les autres cobayes, une terrifiante démonstration. Cette quête d'identité se double ici pour le héros d'une cavale éprouvante, tant
pour échapper à la police qui le soupçonne d'être l'assassin, que pour déjouer la traque de ces mystérieux hommes en noir qui en veulent à sa vie. Seule une autre « naufragée du
coeur », jeune capitaine de police un peu déjantée, tente désespérément de prouver son innocence, et ce récit à deux voix tient le lecteur en haleine jusqu'à la tempête finale, digne
des plus grands films du genre.
NB Reste à signaler l'épaisseur (750 pages) de ce roman, qu'une savante construction en chapitres identitaires permet cependant de lire « en fractionné ».
Bernard W.
* voir l'article de l'Express consacré à l'auteur http://www.lexpress.fr/culture/livre/comment-devient-on-jean-christophe-grange_1028058.html