Une heure, une oeuvre : Autour du Télémaque de Fénelon

La question de la guerre et de la paix

Jeudi 11 février 2010 à 18h15

 

Conférence présentée par Christophe Leduc

Maître de conférences

Vice-Président de l'Université d'Artois

 

Entrée libre et gratuite

Maison Falleur
39 rue Saint-Georges 59400 Cambrai

Tél. 03 27 82 93 85

Le XVIIe siècle est un siècle de fer. Louis XIV reprend à son compte la politique de conquête de son père, Louis XIII, et de son principal ministre, Richelieu. Il fait de la guerre le fondement d’une action visant à asseoir la primauté de la France en Europe et à consolider les frontières du royaume par des opérations militaires limitées (guerre de Dévolution), mais qui entraînent des conflits généralisés (guerre de la Ligue d’Augsbourg ; guerre de Succession d’Espagne).

En 1694-1695, Fénelon, alors précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, écrit les Aventures de Télémaque, ouvrage composé pour l’éducation de son jeune élève. S’inspirant de l’Odyssée, il y présente l’itinéraire de Télémaque, fils d’Ulysse, partant à la recherche de son père et le retrouvant, finalement, à son retour, à Ithaque. Ce récit d’initiation est avant tout un ouvrage didactique, destiné à un futur souverain, développant des thèmes esthétiques, moraux, politiques et religieux chers à celui qui devient archevêque de Cambrai en février 1695. Télémaque, futur roi, doit faire l’apprentissage de l’art de bien gouverner.

Rapidement, des copies de ce livre circulent et, en 1699, il est publié à La Haye. C’est un immense succès car on y lit une critique radicale des mœurs du temps et de la politique du roi Soleil. Il est vrai qu’il plaide pour une politique pacifiste dans une période marquée par le bellicisme de Louis XIV. Il se présente plus généralement comme une critique de l’absolutisme royal.

La lecture du Télémaque est d’un grand intérêt pour connaître Fénelon car il contient l’essentiel de sa pensée politique.

Christophe Leduc est maître de conférences en histoire moderne à l’Université d’Artois. Auteur d’une thèse consacrée au chapitre et aux chanoines de la cathédrale de Cambrai (XVe-XVIIIe siècles), il consacre ses travaux de recherche à l’histoire religieuse des anciens Pays-Bas et des provinces du Nord de la France.