Insoupçonnable

Roman de Tanguy Viel (2006), bientôt au cinéma !

Un texte court. Un thriller captivant, porté par une écriture hors-norme, très littéraire,  qui, passé un court temps de familiarisation, ne vous lache pas. Les phrases longues, sombres, orales et précises à la fois, sont à l'image du récit : on en veut connaître la fin, à tout prix. Et la fin détonne. Lire la suite...

Grand amateur du cinéma d'Alfred Hitchcok, Tanguy Viel est parfois comparé aux écivains minimalistes (Jean-Philippe Toussaint, Eric Chevillard...), qui, en rupture avec le Nouveau roman et à la suite de Jean Echenoz, ont réintroduit le récit, l'intrigue, la fiction dans l'oeuvre littéraire. Dans des entretiens livrés à la presse, Tanguy Viel dit vouloir faire dialoguer "cinéma policier" et "littérature classique". C'est son quatrième roman publié aux Editions de Minuit, sans doute une des deux ou trois plus prestigieuses des écuries françaises.

 

Si fier aussi de réunir tant d'amis, dira-t-il autour de cette table, autour de la nappe blanche où chaque couteau sur sa lame reflétait encore le soleil déclinant, la ligne démarquée de l'horizon et jusqu'à l'herbe grasse du jardin quand il n'a pu s'empêcher de se lever pour leur porter un toast, selon cette impossible expression que lui seul peut-être osait encore employer, un toast. A Lise, bien sûr, à ce nouveau soleil dans ma vie, a-t-il dit, à vous tous, a-t-il continué, à votre présence si chaleureuse, enfin au bonheur, a-t-il lancé sous les salves d'applaudissements qui ponctuaient ses paroles avant qu'il ajoute, faisant taire d'un geste le clapot de ses hôtes, que pour seul bémol il voulait excuser l'absence de son frère, son cher Edouard qui n'avait pas pu être présent ce soir-là mais qui, n'en doutez pas, continua-t-il, est avec nous par la pensée.

Il en a dit des conneries, ce soir-là...

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