Retour sur expérience : Histoire de la chanson / Nuits du Garagiste

Rencontre avec Stéphane Hirschi (Professeur à l'Université du Hainaut-Cambrésis)

Pour cette première expérience du partenariat médiathèque / Garage Café, le public a répondu présent ! A part un sandwich et un bon moment, qu'en a-t-on retenu ? Voici quelques notes d'écoute parmi d'autres...

 

- L'art de la chanson n'est pas un genre musical ou littéraire, mais le seul art qui a pour matériau le temps bref, l'agonie ("dès que ça commence, c'est déjà fini ; comme c'est déjà fini, il faut le faire durer le plus longtemps possible")

- La chanson se définit encore par son caractère intelligible, tant au plan du texte que de la ligne mélodique - on doit pouvoir la fredonner, et se souvenir de ses paroles

 

- Les troubadours n'étaient pas marginaux contestataires, mais des grands seigneurs. Compositeurs-auteur-interprètes, ils disparaissent à la fin du Moyen Âge, quand la musique (polyphonique) et la poésie s'affirment l'une et l'autre comme des arts indépendants.

- En 1733, apparaissent à Paris et dans les grandes villes un nouveau lieu : les Caveaux. Les hommes de lettre s'y retrouvent pour chanter. Ils publient des textes, des paroles..., mais pas de musique : ce sont des paroles pour airs connus, empruntés, répétés.

- La naissance de la SACEM en 1851 siècle accompagne la consolidation de cet art, où paroles et musique sont intrinsèquement articulées (on dépose un texte et une musique ensemble). L'apparition des techniques d'enregistrement en 1877 renforce cette tendance.

- Qui connait aujourd'hui Pierre-Jean de Béranger ? Présenté par Stéphane Hirschi comme la première grande vedette de la chanson, il fut jalousé par Victor Hugo, et considéré comme le second homme le plus important du XIXe siècle après Napoléon.

- Charles Trénet introduit une petite révolution : l'abandon la diction "naturelle" ; désormais, tout est possible dans le domaine de l'accentuation.

- Les plus anciens enregistrements musicaux vaguement audibles que nous conservons datent de 1896.

 

 

Le public consulte, avec toutes les précautions nécessaires, un manuscrit musical de la Renaissance
Le public consulte, avec toutes les précautions nécessaires, un manuscrit musical de la Renaissance

Après quelques mots sur Mano Solo, le public s'est ensuite transporté vers le Garage Café, pour rejoindre le festival de chanson française "Les Nuits du Garagiste". Quatre groupes aux instruments et styles variés, s'inscrivant souvent dans la veine des Têtes Raides ou de Mano Solo, nous ont donné une ambiance festive, conviviale et décontractée pour terminer une chouette soirée culturelle.

Pour aller plus loin

 

A lire absolumment, le dernier livre de Stéphane Hirschi : Chanson. L'art de fixer l'air du temps, de Béranger à Mano Solo. Le livre est empruntable à la médiathèque.

 

Prochaine date en partenariat médiathèque / Garage Café : le 26 novembre, "Que peut nous dire la sociologie sur le rock ?", avec la participation du groupe Dusk, et de deux jeunes sociologues, Laure Ferrand (les rituels du live) et Florian Caron (pratique de la guitare en France - cf thèse en ligne).

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