L'homme qui haïssait les femmes

roman d'Elise Fontenaille (2011)

Les Editions Grasset ont confié à des romanciers la tâche de narrer des faits divers qui ont marqué les esprits. C'est un exercise auquel s'adonne encore une fois Elise Fontenaille qui après son roman "Les disparues de Vancouver", s'attaque à la tuerie de l'Ecole Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989. Tragique évènement qui bouleversa toute la société québécoise, lui laissant de douloureuses séquelles. Un jeune homme armé fait irruption dans un campus universitaire et choisit délibérément d'éliminer les jeunes étudiantes qu'il croise au cours de sa quête meurtrière. Il finira par se suicider à l'arrivée de la police. Le bilan est lourd, quatorze jeunes filles sont assassinées, le tueur ayant épargné leurs comparses masculins. Dans une lettre explicative, il revendique sa haine des femmes et plus particulièrement celle des féministes. Elise Fontenaille choisit de nous raconter cette terrible tragédie en procédant par ricochets. Elle commence par la genèse tumultueuse du tueur et son contexte familial difficile, puis l'ouvre au cercle de ses proches, aux victimes rescapées, aux témoins de la scène, à des victimes collatérales et pour finir elle élargit à une étude de la société québécoise en pleine mutation, passant d'un catholicisme omniprésent à une société où les femmes s'émancipent par les études et le travail. Elle s'interroge sur les raisons structurelles et conjoncturelles de cette tuerie de masse qui traumatisa et traumatise toujours les canadiens. Cette tragédie alimente encore des réactions "masculinistes" (terme québécois) chez certains hommes radicaux en guerre contre l'émancipation des femmes. Ce récit n'est pas sans résonance avec l'actualité. Nous avons en mémoire la tuerie du lycée de Columbine aux Etats-Unis et celle très récente qui a décimé des dizaines de jeunes gens l'été dernier en Norvège.

 

Lionelle F. Je Tu Lis On En Parle

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