Jules Gosselet, géologue cambrésien

Texte de la conférence de Pierre Lemaître, revu et abrégé par la MAC

est un grand géologue français, né en 1832 à Cambrai, dans une maison située en face de la cathédrale. On lui doit de multiples recherches et études sur l’origine des terrains de tout le Nord de la France, de la Belgique, d’une partie de l’Allemagne et de l’Angleterre.

 

Il était un marcheur infatigable et cette aptitude lui a permis de se rendre directement sur les terrains qu’il affectionnait pour découvrir des roches, traces de notre passé géologique et objets de ses recherches. En arpentant toutes les régions qui l’intéressaient, il observait attentivement les affleurements, les fossiles retrouvés dans les carrières, les travaux des puisatiers, les forages réalisés pour, ensuite, créer une carte géologique des territoires étudiés. Il est ainsi à l’origine de nombreuses trouvailles utiles à l’homme comme des phosphates, des pierres à bâtir et autres matières utiles à l’homme. Son travail a aussi consisté à circonscrire certaines zones comme celles du bassin houiller. De ses efforts intenses, associés à une forme d’intelligence aiguisée et un goût prononcé pour la collection, sont nées toutes les connaissances, encore actuelles, des richesses géologiques de notre région.

Nommé à la chaire de géologie de l’Université de Lille, il est reconnu comme un bon pédagogue, tant dans les cours théoriques qu'à travers les visites de terrain.

 

En 1902, Jules Gosselet réalise un vieux rêve : rassembler dans un seul lieu toutes ses trouvailles géologiques. A cette date, ayant atteint une limite d’âge, il doit quitter sa chaire universitaire (il devient « émérite »). Pour mettre à la disposition des étudiants et chercheurs en géologie les outils qu’il s’est forgés, il fait don à l’université et à la ville de Lille de sa collection et de sa bibliothèque.

 

Ses nombreux apports à la géologie moderne lui ont valu la reconnaissance de ses « disciples », lesquels, en provenance du monde entier, ont rassemblé des messages d'estime dans un ouvrage publié en 1902 à l’occasion du « cinquantenaire scientifique de Jules Gosselet ».

Le Prix Jules Gosselet est décerné tous les quatre ans par la Société géologique de France.

 

Comme tous les géologues de son temps, Jules Gosselet découpe les temps géologiques en quatre ères : Primaire, Secondaire, Tertiaire et Quaternaire. Même si aujourd’hui, les recherches ont permis une plus grande précision dans l'étude des formations de terrains, les analyses faites par le géologue cambrésien demeurent tout à fait valables dans leurs grandes lignes.

L’œuvre de Jules a été rassemblée dans la bibliothèque du Musée de Géologie de Lille et porte sur deux aspects, les collections et la bibliographie.

 

Les objets ont été rassemblés et classés dans des vitrines disposées au premier étage du bâtiment abritant le Musée d’Histoire Naturelle de Lille, rue de Bruxelles. Tous les objets ont été identifiés, répertoriés et rangés par les soins de Jules Gosselet, mais aussi de tous ses collaborateurs, collègues et sociétaires du Musée de Géologie du Nord et de la Société Géologique du Nord, jusqu’à sa mort en 1916. Le fichier est aujourd’hui informatisé.

Même s'il a vécu et enseigné à Bordeaux, Poitiers, Lille et Paris, Gosselet a conservé tout au long de son existence des liens avec sa ville natale. Régulièrement, entre 1865 et 1873, il s’est rendu à la Société d’Émulation de Cambrai pour présenter ses recherches géologiques sur le Cambrésis et autoriser le Président à publier le résultat de ses travaux. C’est ainsi que nous disposons encore aujourd’hui du fruit de ses recherches.

 

Dès 1865, il présente la « Constitution géologique du Cambrésis ». Première partie : « Considérations générales » - page 349 du tome XXVIII, 2ème partie de la Société d’Émulation de Cambrai. Deuxième partie : « description géologique de l’arrondissement de Cambrai ». Ibidem - page 371. « Géologie du canton de Solesmes » ibidem - page 433

En 1869, il écrit un article sur la « Géologie du Canton du Cateau » dans le tome XXX, 2ème partie - page 417. En 1870, c’est le « Canton de Clary » qui fait l’objet d’une parution dans le tome XXXI, 1ère partie - page 387. En 1871, il publie la « Géologie du Canton de Carnières » dans le tome XXXI, 2ème partie - page 205. En 1873, Il inscrit dans le tome XXXII, 2ème partie - page 475, les « Cantons de Marcoing et de Cambrai ». A cela, il faut ajouter quelques études moins systématiques, mais non moins intéressantes sur le Cambrésis : 1874 : Etude des « silex taillés à Hargicourt et Fontaine au Pire », et mentionne les résultats de ses observations dans le Bulletin Scientifique, Historique et Littéraire du Nord, tome VI - page 285.

1876 : Publications des résultats d’un « sondage à Bousies » dans les Annales de la Société Géologique du Nord », Tome IV - page 17. 1877 : Compte rendu d’une « excursion dans les tranchées du Chemin de fer de Cambrai au Quesnoy » dans le tome V des Annales de la Société Géologique du Nord - page 68. 1891 : Etude sur les « silex taillés » trouvés dans les exploitations de phosphate de chaux de M Delattre à Quiévy. La synthèse a été publiée dans les mémoires de la Société Scientifique de Lille. 1892 : en collaboration avec Monsieur Cayeux, édition de la « Feuille de Cambrai, de la Carte géologique de la France au 1/80 000ème . 1898, dans le Tome XXVII des Annales de la Société Géologique du Nord : Développement d’un « Cours de Géographie physique du Nord de la France et de la Belgique ». Le Cambrésis est évoqué de la page 197 à 212

 

 

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