Petites scènes capitales

roman de Sylvie Germain

Le personnage de Lili est en recherche d'elle­même, déjà par sa double appellation, Lili­Barbara, mais aussi en quête d'une mère qu'elle n'a pas connue. Elle vit avec son père, à qui elle reproche un manque de chaleur, de communication. Elle vit bientôt dans une belle­famille où elle partage les joies, les peines, la jalousie, au travers de petites scènes intimes. On la voit grandir : ses amours la conduisent du côté des communautés des années 70, puis ses goûts l'amènent vers l'art. A l'âge adulte déjà bien affirmé, elle rencontre enfin l'amour avec Mathieu, un encadreur. Ce livre malgré une intrigue plutôt mince, est une galerie de portraits réussis, de personnes qui combattent la réalité et leurs doutes. Le texte est bien écrit, souvent poétique, d'une écriture imagée qui transcrit l'émotion : « Viviane, des yeux couleurs de fonds marins, des sourcils noirs et fins qui évoquent des hirondelles suspendues en plein vol. » « Le fugace embrasement d'un arbre et du soleil. » Retour à la maison de son enfance : « La tonnelle croulant sous les grappes de glycine, les arbres fruitiers où grapiller tout à loisir, et les odeurs en abondance, le silence criblé de bruits d'insectes, les tranches de lumière coupées par les lames des persiennes. Le corps en liberté, recru de sensations fortes. »

 

Francis N. Je Tu Lis On En Parle

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