ven.

14

mars

2014

Mère disparue

roman de Joyce Carol Oates

L'héroïne, Nikki Eaton, 31 ans célibataire, journaliste très indépendante, un peu en marge (look branché ou trash, selon... « mes cheveux bordeaux pareils à une perruque de clown »« haut noir chiffonné qui remontait sur mon ventre en découvrant une bande de peau ») ne se comporte pas en fille modèle. Sa mère l'agacerait plutôt avec sa vie trop lisse, son caractère trop confiant et sa réprobation de la liaison de Nikki avec un homme marié. Mais deux jours après la célébration de la fête des mères, Gwen Eaton est assassinée. Ce drame inattendu marque le début d'un virage à 180° chez Nikki qui au cours d'une tumultueuse première année de deuil va, en redécouvrant la femme qu'était en vérité sa mère et les secrets qu'elle portait, se retrouver elle­même. Joyce Carol Oates nous raconte un bout de vie, celle d'une jeune femme anéantie par une douleur inimaginable et qui au risque de perdre sa propre identité, se réapproprie peu à peu les liens du sang. Le livre n'est pas triste pour autant, quelques épisodes restent cocasses. Oates se montre fine observatrice et chroniqueuse sociale avertie (elle passe en revue les éléments de ces vies banlieusardes en des maisons accueillantes et confortables). Dans cet ouvrage elle laisse cependant apparaître une certaine sensibilité et une certaine fragilité. La féministe, la femme engagée, s'effacent un peu pour lancer une déclaration d'amour à sa mère...à toutes les mères. Ce roman profondément attachant et tendre devient universel lorsqu'il s'agit d'offrir à chaque homme ou femme un regard sur nos rapports aux nôtres et sur notre propre existence. Un beau roman, féminin, profond et sensible, j'ai découvert un auteur.

 

Annie F. Je Tu Lis On En Parle

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