mer.

28

janv.

2015

Le Février - Edito de la première édition

En 1959, dans une conférence restée célèbre, le chimiste et romancier britannique Charles P. Snow constatait que l’homme moderne avait creusé un fossé entre les sciences d’un côté, et les humanités de l’autre. En 2015, ce constat, malheureusement, relève du bon sens. A l’école, les « forts en maths » et les « bons en français » se destinent à des métiers bien séparés.

On a d’ailleurs cru un moment – est-on naïf ! - que cela avait quelque chose à voir avec le sexe. Les scientifiques ne connaissent plus ni l’histoire ni les conséquences de leur discipline : à l’égal des ouvriers à la chaîne, les chercheurs connaissent de moins en moins le sens de leur travail. Les littéraires, eux, prétendent décrypter le monde sans rien connaître de ses aspects physiques, mathématiques, biologiques...

Au jour le jour, les deux grands perdants de cette histoire sont le citoyen et le curieux.

Le citoyen, à qui l’on demande d’avoir un avis éclairé sur les questions de bioéthique, de développement durable, d’éducation, est démuni face à des enjeux qui le dépassent. Notons qu’être démuni face à des enjeux communs qui nous dépassent, cela s’appelle : manquer de culture. Nous manquons tous de culture. C’est aussi pour cela qu’il y a des médiathèques. Le curieux, lui, ne tolère pas qu’on lui impose un choix, qu’un bureaucrate mal dégrossi plante une haie au milieu de son bocage. Nous sommes tous des curieux.

Avec tous ses partenaires, et ils sont nombreux, la MAC, service de la Communauté d'agglomération de Cambrai, vous propose de retirer la haie, et de laisser libre cours aux glissements de terrain. Merci, pour avoir construit avec nous cette première édition, aux équipes du SEJC, du centre social itinérant AJR, de Cambrésis Ressources ; aux collègues des autres établissements culturels, le Musée, la Ville d'art et d'histoire, le Théâtre et l'Ecole supérieure d'art de Cambrai ; à nos voisines les médiathèques d'Iwuy, Escaudoeuvres, Raillencourt Sainte Olle et Proville ; aux universitaires, artistes et passionnés, notamment Bernard Maitte, Frédéric Coste, André Grelon, Jean-Noêl Lafargue, Jean-René Ruault, Claude Valot, Laurent Bolognini, Olivier Richard-François, Maxime Mende, Jean-Luc Petit, ainsi qu'à deux étudiantes de la licence Action Culturelle et Promotion du Patrimoine (UVHC), Marie Lefrancq, Claire Fryder, Lucile Saüm-Decuns et Hélène Sauzeau ; enfin, pour la bonne bouche, parce qu'on ne s'y attendait pas, merci à l'Association Cambrésienne de la Belle Automobile. Enfin, amicales salutations au Forum départemental des sciences, avec qui la MAC a signé une convention de partenariat le 4 juillet 2014, et remerciements tout particuliers à son très utile centre de documentation, véritable soutien pour toutes les médiathèques de la région.


Il n’y a pas deux cultures : il y en a des milliers, ou il n’y en a qu’une. Partageons-la, en nous faisant plaisir.

 

David-Jonathan Benrubi, conservateur,
Gérald Delfolie, médiateur des sciences
et toute l'équipe de la MAC.


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