L'amour en plus. Histoire de l'amour maternel XVIIe-XXe siècle et Histoire des mères et de la maternité en Occident

Essais d'Elisabeth Badinter et Yvonne Knibiehler

« 1780 : le lieutenant de police Lenoir constate, non sans amertume, que sur les vingt et un mille enfants qui naissent annuellement à Paris, mille à peine sont nourris par leurs mères. Mille autres, des privilégiés, sont allaités par des nourrices à demeure. Tous les autres quittent le sein maternel pour le domicile plus ou moins lointain d'une nourrice mercenaire. Nombreux sont les enfants qui mourront sans avoir jamais connu le regard de leur mère. Ceux qui reviendront quelques années plus tard sous le toit familial découvriront une étrangère : celle qui leur a donné le jour. Rien ne prouve que ces retrouvailles aient été vécues dans la joie, ni que la mère aie mis les bouchées doubles pour assouvir un besoin de tendresse qui nous semble aujourd'hui naturel. » Dans un livre devenu un classique, la philosophe Elisabeth Badinter contestait en 1980 l'idée que l'instinct maternel soit « naturel », et proposait de le voir comme une heureuse invention des cultures humaines. Un livre passionnant qui a été de nombreuses fois critiqué, et continue de faire débat.

Plus court, moins engagé, plus complet, le Que sais-je ? d'Yvonne Knibiehler sur l'Histoire des mères et de la maternité en Occident brosse une petite fresque historique sur la notion de maman... Paradoxalement, ce livre, parce qu'il est plus court et plus synthétique, requiert une plus grande culture historique pour que sa lecture soit agréable.

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