mar.

26

sept.

2017

Corps et âme

Roman de Frank Conroy

Est-ce possible de devenir un grand pianiste quand on est un enfant délaissé, élevé par une mère alcoolique ? Claude, jeune garçon de six ans, simple et sincère, découvre dans sa chambre en sous-sol, encombrée de mille choses, un piano désaccordé et des partitions. Il découvre en lui le don de la musique. Avec opiniâtreté et passion, Claude poursuit une vie talentueuse. « Je peux le faire », dit-il.

 

Anne W. Je tu lis, on en parle

mar.

26

sept.

2017

Comment tu parles de ton père

roman de Joann Sfar

Nous connaissions les beaux hommages qu’Albert Cohen avec « Le livre de ma mère » et Romain Gary avec « La promesse de l’aube » avaient rendu à leur mère, et bien, Joann Sfar, avec ce livre dédié à son père, s’essaye lui aussi au genre mais avec un ton délibérément moderne et facétieux. Orphelin de mère à 3 ans, Joann Sfar a été élevé par son père, figure de proue de la ville de Nice, juif très pieux, avocat, promoteur et incorrigible séducteur, bref un papa à la présence plutôt écrasante. Parler donc de son géniteur ne fut pas chose facile surtout quand comme Joann on est assez pudique ; cependant ce petit récit fait un joli livre. Comment devenir soi alors qu’il faut se plier aux strictes pratiques religieuses paternelles ? Il faut croire que le petit Sfar est du bois dont on fait les créateurs : un artiste, libre dans sa tête et dans ses choix. C’est un peu notre Woody Allen à nous, gentiment résilient, se posant des questions existentielles et les résolvant par la dérision, l’humour et la tendresse. C’est sans doute cela qui rend cet ouvrage attachant, Joann Sfar avec des mots tous simples parle à la fois de l’intime et de l’universel.

 

Lionelle F. Je tu lis, on en parle 

mar.

26

sept.

2017

L'archipel d'une autre vie

Roman de Andreï Makine

Une chasse à l'homme s'est engagée dans la taïga à la fin de l'ère stalinienne. Pavel, un vétéran de la Seconde Guerre, se trouve enrolé dans ue patrouille pour reprendre un mystérieux évadé. Cette poursuite haletante va prendre un tour inattendu. L'auteur brouille les pistes avec talent, conduit le lecteur dans un décor hostile, majestueux, avec de multiples rebondissements. C'est très réussi, dans un style qui démontre une grande maîtrise de la langue française, et qui traduit aussi un hommage à la terre natale de l'auteur. Makine nous fait prendre conscience de la violence de notre monde, des dégâts commis sur la nature, et qu'une autre vie est possible. Pavel répète à la fin : "nous allons vivre."

 

Francis N. Je tu lis, on en parle

mar.

26

sept.

2017

Illettré

Roman de Cécile Ladjali

Illettré "raconte l'histoire de Léo Cramps, un jeune homme discret , âgé de vingt ans.

Le jeune homme pointe chaque matin à l'usine, une imprimerie où il s'installe devant sa presse ou son massicot. Défilent devant ses yeux des lettres que Léo identifie vaguement à leur forme. Élevé par sa grand mère analphabète et aimante, il n'a jamais réussi à intégrer les codes de l'écriture et de la lecture, a quitté le collège à 13 ans, régressé et oublié les rudiments appris à l'école. Pour lui c'est plus une honte qu'un handicap, honte tenace, sournoise, humiliation secrète de plus en plus pesante...

 

Une remise en question constante et douloureuse entre l'envie d'intégrer la communauté de ses semblables et de les fuir. L’Illettrisme apparaît ici comme un mal sournois ,invisible, discriminatoire dont on croit pouvoir ruser mais qui vous rattrape

L'auteur réussit à montrer avec talent l'importance du langage autour des mots, de l'école, de l'estime de soi, impossibles sans le langage.

Bouleversée par ce livre centré sur le combat de Léo contre son illettrisme, sur ce handicap invisible et douloureux, le sujet est traité dans cet ouvrage avec conviction et sensibilité. Un très beau livre.

 

Annie F. Je tu lis, on en parle

mar.

26

sept.

2017

Glacé

Roman de Bernard Minier

Cela commence par le cadavre sans tête d'un cheval accroché en haut d'un téléphérique. Cela se poursuit par l'arrivée d'une jeune psychologue dans un hôpital psychiatrique réservé aux grands criminels. Le commandant Servaz et son adjoint, flics atypiques, s'obstinent sur une affaire douloureuse et compliquée.

 

Anne W. Je tu lis, on en parle

mer.

05

juil.

2017

Ahlam

Roman de Marc Trévidic

En Tunisie, un peintre français débarque pour oublier un chagrin d'amour. Il rencontre un pêcheur et initie ses deux enfants à l'art : la peinture pour Josam et le piano pour Ahlam. La trame de l'histoire ressemble à celle d'un roman policier. Le régime autoritaire et corrompu de Ben Ali est dénoncé, et en même temps, le fantasme islamiste s'installe. L'auteur s'appuie sur une connaissance précise des mécanismes d'embrigadement. Les projets terribles des salafistes, leur loi fanatique sont effrayants et glaçants. Un affrontement impitoyable entre le frère et la sœur s'engage. La vie vaclle sous les yeux du vieux pêcheur dont le monde ancien disparaît.

 

Francis N., Je tu lis, on en parle

 

mer.

05

juil.

2017

The Walking dead, guide de survie conceptuel

Documentaire de Arnaud Marie, Benoît Christel, Pierre Magne

Chapeau aux trois auteurs penchés sur la série Walking dead ! Héritage et prolongement de « la nuit des morts vivants » de Romero de 1968, la série nous révèle dans nos choix d’humains libérés de certaines hiérarchies, des institutions, des convenances. Le « walker » avance en ignorant et en poussant les siens, et en « bouffant » les autres. Qui est alors le vrai walker ? le mort vivant ou le vivant mortifère ? L’ouvrage nous indique que le monde dévasté (le point zéro) reconfigure des systèmes et permet à chacune et chacun des choix : se soumettre à une figure souriante autoritariste et pseudo-protectrice (de ce qui viendrait de l’extérieur en piégeant ses ouailles à l’intérieur) ou construire avec d’autres en marche permanente, des solidarités au quotidien. Les réponses simplistes aux situations complexes ne règlent rien. Progressent celles et ceux qui apprennent de leurs souffrances et survivent collectivement. Une œuvre ingénieuse, salutaire, politique.

 

Willy L.  Je tu lis, on en parle

mer.

05

juil.

2017

Pedigree

Roman de Georges Simenon

Ce roman raconte la naissance et la vie tranquille du petit Roger auprès d'un papa agent d'assurance et d'une maman attentionnée, ambitieuse qui veut se sortir de sa condition. Roger est en fait Georges SIimenon lui même. Différents personnages du premier roman intentèrent plusieurs procès  à Simenon qui ne trouva que cette solution pour raconter sa vie, la raconter sous forme de roman.

Un beau livre, une écriture différente des policiers.

 

Marie-Claire B., Je tu lis, on en parle

mer.

05

juil.

2017

Giboulées de soleil

Roman de Lenka Hornakova-Civade

L’action se situe dans un petit village de Moravie. A travers la vie de 3 générations de femmes, fières et libres, courageuses et intelligentes, toutes les trois nées de père inconnu, et l’assumant, on suit l’Histoire de la Tchécoslovaquie, de l’annexion par les nazis à la fin de l’hégémonie soviétique, en passant par l’instauration du collectivisme. C’est un très beau roman, une écriture fluide et riche, une histoire passionnante. Je me suis régalée !

 

Marie-Paule V., Je tu lis, on en parle

mer.

05

juil.

2017

Vera Kaplan

Roman de Laurent Sagalovitsch

« Si vous aviez vécu en temps de guerre, et si votre vie et celle des vôtres était menacée, comment auriez-vous agi?»

L’histoire de Vera Kaplan, c’est celle véridique de Stella Goldsclag, une jeune juive berlinoise qui, pour sauver ses parents de la mort, collabore avec les nazis en dénonçant d’autres juifs. L'auteur s'empare sans complaisance du destin et du portrait d'une victime devenue monstre, chez qui la pulsion de vie s'est montrée plus forte que la conscience. 

 

Patricia L., Je tu lis, on en parle 

jeu.

18

mai

2017

Un paquebot dans les arbres

Roman de Valentine Goby

« Un paquebot dans les arbres » est une fiction inspirée de la vie d’une femme qui a demandé à Valentine Goby de raconter son histoire. 

Paulot, cafetier à La Roche Guyon, est un vrai boute-en-train, il anime les bals au son de son harmonica. C’est un homme généreux, un père de famille aimant pour ses 3 enfants, c’est aussi une cigale, totalement imprévoyant. Valentine Goby fait courir le récit des années 50 à nos jours avec pour fil conducteur la détermination, le courage et l’abnégation de Mathilde, la cadette des enfants, qui va s’avérer une vraie battante, de celle qui ne lâche rien, une petite mère courage contre l’adversité et la descente aux enfers des siens. 

Tout commence par la pleurésie de Paulot, une maladie qui en cache une autre, de celles qui font de vous un paria : la tuberculose et pas juste quelques symptômes, une vraie, une grande, une qui vous envoie pour des mois et des années dans ce grand paquebot blanc qu’est le sanatorium d’Aincourt. D’abord le père, puis la mère malade à son tour et tout l’univers familial se défait, se délite, part en morceaux. Mathilde et son jeune frère Jacques sont placés séparément. Mathilde mène de front obstinément : la pauvreté, la faim, la séparation, luttant pour maintenir du lien avec ses parents, leur rendant visite tous les week-ends, leur écrivant une lettre quotidienne et essayant d’aider son jeune frère à la dérive, jusqu’à s’en oublier elle-même, jusqu’à frôler le désespoir... « Un paquebot dans les arbres » est un livre âpre sans concession romanesque et qui vous serre le cœur mais c’est aussi un grand chant d’amour celui de Mathilde pour sa famille, un exemple de courage celui d’une jeune fille indéfectible combattante pour réunir les siens. Mais encore un récit social sur fond des Trente Glorieuses, de la guerre d’Algérie, sur le drame des travailleurs indépendants sans assurance privée, sur des services sociaux déficients, sur un ensemble de problèmes humains qui rejoignent des préoccupations toujours d’actualité...

 

Lionelle F.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Derniers feux sur Sunset

Roman de Stewart O'Nan

Les derniers années de Scott Fitzgerald à Hollywood. En panne d'inspiration, sa femme Zelda a été internée en maison de santé. Fitzgerald est engagé par la MGM pour réécrire des scénarios. C'est l'âge d'or du cinéma et du jazz avec leurs vedettes, leurs producteurs et leurs coups tordus.  Scott lutte contre ses grands démons, l'alcool et la dépression. L'histoire d'un homme malmené par la vie mais qui tente de garder sa famille unie. 

Un bon livre, une plongée dans le monde du cinéma.

 

Marie-Claire B.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Rien ne s'oppose à la nuit

Roman de Delphine de Vigan

Après le suicide de sa mère(Lucille), De Vigan ressent le besoin de la raconter. Au-delà de son témoignage personnel, elle décide d’y mêler ceux de l’entourage de Lucille (frères et sœurs, ex-mari, amants) donnant à lire un roman, certes subjectif, mais pluriel. Lucille est issue d’une famille nombreuse, marquée par le deuil et la forte personnalité du père. Elle arrive à l’âge adulte habitée par un profond mal-être. Sa vie sera marquée par ses crises psychotiques et délires paranoïaques qui la conduiront plusieurs fois en hôpital psychiatrique. 

De par son enquête (car elle n’a pas fait que recueillir des témoignages mais a recueilli les écrits laissés par sa mère, les photos et vidéos de son enfance), De Vigan nous livre le portrait d’une femme déchirée tout en se questionnant elle-même sur la nécessité d’écrire ce livre, car l’introspection à un prix, d’anciens souvenirs jaillissent et la hante au quotidien. Ce livre est sa catharsis, et pour nous, lecteur, c’est un petit bijou d’écriture.

 

Olivier C.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Petit Pays

Roman de Gäel Faye

Le livre commence sur un ton léger. Gabriel, un petit garçon d’une dizaine d’années, raconte sa vie, en 1992, au Burundi où il est né. Il raconte son père, un homme d’affaires français, sa mère, une superbe rwandaise qu’il adore, les 400 coups avec sa bande de copains. C’est frais, c’est joyeux. Puis l’histoire de l’Afrique les rattrape : les guerres au Rwanda et au Burundi, les massacres, les Hutus et les Tutsis… Le petit garçon heureux voit s’écrouler son univers. Les odeurs, la nonchalance, la douceur de vivre qui imprègnent la première partie, disparaissent dans la violence et la folie des hommes.L’auteur a merveilleusement bien ressuscité les temps heureux et mêlé la tragédie et l’humour, l’ombre et la lumière. C’est un roman qu’on n’oublie pas de si tôt, qui nous habite bien longtemps après qu’on l’a refermé. Superbe !

 

Marie-Paule V.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Dans le silence du vent

Roman de Louise Erdrich

Début des années 70 une famille Amérindienne vit dans une réserve : la mère est agressée et violée . Son mari et son fils de 13 ans, bouleversés font tout pour la ramener à la vie. La police est corrompue ,mais son fils veut que justice soit faite et mène l'enquête. Or ce n'est pas une enquête policière. C'est plutôt le récit de l' initiation d'un jeune adolescent que ce terrible événement va faire mûrir. C'est aussi le récit de sa vie avec sa famille : l'affection qui les lie, leurs traditions, celui de sa jeunesse avec ses amis et ses cousins, les premiers émois amoureux. L'histoire connaît des rebondissements, la tension monte, retombe et re-monte à nouveau mais c'est la peinture des sentiments qui l'emporte et nous emporte. 

Amérindienne, Louise Erdrich écrit sur les Amérindiens et leurs vies, la condition qui leur est faite mais sans misérabilisme. Elle a écrit ce roman se basant sur le fait que les viols d' Amérindiennes ne sont pas condamnés la plupart du temps.

 

Carole B.     Je tu lis, on en parle