jeu.

18

mai

2017

Un paquebot dans les arbres

Roman de Valentine Goby

« Un paquebot dans les arbres » est une fiction inspirée de la vie d’une femme qui a demandé à Valentine Goby de raconter son histoire. 

Paulot, cafetier à La Roche Guyon, est un vrai boute-en-train, il anime les bals au son de son harmonica. C’est un homme généreux, un père de famille aimant pour ses 3 enfants, c’est aussi une cigale, totalement imprévoyant. Valentine Goby fait courir le récit des années 50 à nos jours avec pour fil conducteur la détermination, le courage et l’abnégation de Mathilde, la cadette des enfants, qui va s’avérer une vraie battante, de celle qui ne lâche rien, une petite mère courage contre l’adversité et la descente aux enfers des siens. 

Tout commence par la pleurésie de Paulot, une maladie qui en cache une autre, de celles qui font de vous un paria : la tuberculose et pas juste quelques symptômes, une vraie, une grande, une qui vous envoie pour des mois et des années dans ce grand paquebot blanc qu’est le sanatorium d’Aincourt. D’abord le père, puis la mère malade à son tour et tout l’univers familial se défait, se délite, part en morceaux. Mathilde et son jeune frère Jacques sont placés séparément. Mathilde mène de front obstinément : la pauvreté, la faim, la séparation, luttant pour maintenir du lien avec ses parents, leur rendant visite tous les week-ends, leur écrivant une lettre quotidienne et essayant d’aider son jeune frère à la dérive, jusqu’à s’en oublier elle-même, jusqu’à frôler le désespoir... « Un paquebot dans les arbres » est un livre âpre sans concession romanesque et qui vous serre le cœur mais c’est aussi un grand chant d’amour celui de Mathilde pour sa famille, un exemple de courage celui d’une jeune fille indéfectible combattante pour réunir les siens. Mais encore un récit social sur fond des Trente Glorieuses, de la guerre d’Algérie, sur le drame des travailleurs indépendants sans assurance privée, sur des services sociaux déficients, sur un ensemble de problèmes humains qui rejoignent des préoccupations toujours d’actualité...

 

Lionelle F.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Derniers feux sur Sunset

Roman de Stewart O'Nan

Les derniers années de Scott Fitzgerald à Hollywood. En panne d'inspiration, sa femme Zelda a été internée en maison de santé. Fitzgerald est engagé par la MGM pour réécrire des scénarios. C'est l'âge d'or du cinéma et du jazz avec leurs vedettes, leurs producteurs et leurs coups tordus.  Scott lutte contre ses grands démons, l'alcool et la dépression. L'histoire d'un homme malmené par la vie mais qui tente de garder sa famille unie. 

Un bon livre, une plongée dans le monde du cinéma.

 

Marie-Claire B.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Rien ne s'oppose à la nuit

Roman de Delphine de Vigan

Après le suicide de sa mère(Lucille), De Vigan ressent le besoin de la raconter. Au-delà de son témoignage personnel, elle décide d’y mêler ceux de l’entourage de Lucille (frères et sœurs, ex-mari, amants) donnant à lire un roman, certes subjectif, mais pluriel. Lucille est issue d’une famille nombreuse, marquée par le deuil et la forte personnalité du père. Elle arrive à l’âge adulte habitée par un profond mal-être. Sa vie sera marquée par ses crises psychotiques et délires paranoïaques qui la conduiront plusieurs fois en hôpital psychiatrique. 

De par son enquête (car elle n’a pas fait que recueillir des témoignages mais a recueilli les écrits laissés par sa mère, les photos et vidéos de son enfance), De Vigan nous livre le portrait d’une femme déchirée tout en se questionnant elle-même sur la nécessité d’écrire ce livre, car l’introspection à un prix, d’anciens souvenirs jaillissent et la hante au quotidien. Ce livre est sa catharsis, et pour nous, lecteur, c’est un petit bijou d’écriture.

 

Olivier C.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Petit Pays

Roman de Gäel Faye

Le livre commence sur un ton léger. Gabriel, un petit garçon d’une dizaine d’années, raconte sa vie, en 1992, au Burundi où il est né. Il raconte son père, un homme d’affaires français, sa mère, une superbe rwandaise qu’il adore, les 400 coups avec sa bande de copains. C’est frais, c’est joyeux. Puis l’histoire de l’Afrique les rattrape : les guerres au Rwanda et au Burundi, les massacres, les Hutus et les Tutsis… Le petit garçon heureux voit s’écrouler son univers. Les odeurs, la nonchalance, la douceur de vivre qui imprègnent la première partie, disparaissent dans la violence et la folie des hommes.L’auteur a merveilleusement bien ressuscité les temps heureux et mêlé la tragédie et l’humour, l’ombre et la lumière. C’est un roman qu’on n’oublie pas de si tôt, qui nous habite bien longtemps après qu’on l’a refermé. Superbe !

 

Marie-Paule V.      Je tu lis, on en parle

jeu.

18

mai

2017

Dans le silence du vent

Roman de Louise Erdrich

Début des années 70 une famille Amérindienne vit dans une réserve : la mère est agressée et violée . Son mari et son fils de 13 ans, bouleversés font tout pour la ramener à la vie. La police est corrompue ,mais son fils veut que justice soit faite et mène l'enquête. Or ce n'est pas une enquête policière. C'est plutôt le récit de l' initiation d'un jeune adolescent que ce terrible événement va faire mûrir. C'est aussi le récit de sa vie avec sa famille : l'affection qui les lie, leurs traditions, celui de sa jeunesse avec ses amis et ses cousins, les premiers émois amoureux. L'histoire connaît des rebondissements, la tension monte, retombe et re-monte à nouveau mais c'est la peinture des sentiments qui l'emporte et nous emporte. 

Amérindienne, Louise Erdrich écrit sur les Amérindiens et leurs vies, la condition qui leur est faite mais sans misérabilisme. Elle a écrit ce roman se basant sur le fait que les viols d' Amérindiennes ne sont pas condamnés la plupart du temps.

 

Carole B.     Je tu lis, on en parle

mer.

15

févr.

2017

Dodgers

Roman de Bill Beverly

East, 15 ans, est chef des guetteurs devant une maison où l'on vend et consomme de la drogue. Un jour les flics débarquent et East qui n'a rien vu venir doit se racheter auprès de son chef. Celui-ci le charge d'aller tuer un juge, témoin compromettant. Entouré de son frère Ty 12 ans, gamin complètement fêlé, d'un pseudo étudiant et d'un petit gros futé, East part à l'aventure. Rien ne va se passer comme prévu. Après bien des péripéties, East se retrouve seul, ce qui va lui permettre de faire le point sur son avenir et peut être changer? Un roman touchant que cette histoire d'enfants malmenés par la vie.


Marie-Claire B. Je tu lis, on en parle

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mer.

15

févr.

2017

California girls

Roman de Simon Liberati

Dans la plupart de ses livres, Simon Liberati s’intéresse aux cabossés de la vie et avec le récit de « California Girls » c’est- sans concession qu’il nous dévoile les comportements déviants d’une jeunesse égarée. Après « Jayne Mansfield 1967 » qui dénonçait le star-system hollywoodien, il nous entraine encore une fois aux USA en 1969. Le mouvement hippie et son slogan Peace and Love fleurit joyeusement dans les universités, mais son influence est désastreuse sur une jeunesse déclassée en rupture familiale et scolaire. Il n’y a qu’à voir la faune qui gravite autour de Charles Manson sur les collines de Los Angeles, beaucoup de jeunes filles en errance, aux mœurs débridées, qui se nourrissent des poubelles, sales et droguées…
Jusqu’à cette terrible nuit de massacre, celui de l’actrice Sharon Tate et de ses amis, perpétré dans une transe furieuse et vengeresse par trois jeunes femmes et un jeune homme... Simon Liberati nous expose un récit glaçant et précis de ces « filles perdues » immatures, délirantes, totalement sous l’emprise du dangereux psychopathe démoniste Charles Manson.


Lionelle F. Je tu lis, on en parle

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mer.

15

févr.

2017

En attendant Bojangles

Roman de Olivier Bourdeaut

Premier roman d'Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles met en scène une famille totalement déjantée : la mère, grande originale au bord de la folie, le père amoureux dingue de sa femme et leur fils ébloui par les divagations et extravagances de ses parents. Il ne faut pas oublier mademoiselle superfétatoire, le grand oiseau exotique. Les parents dansent nuit et jour, jettent toutes les lettres qu'ils reçoivent sans les ouvrir, dans un coin de l'appartement. Mais l'état de la mère s'aggrave et les diagnostics se précisent...
Entre les joies et les tristesses, jusqu'où cette famille peut-elle aller ?

 

Anne W. Je tu lis, on en parle

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mer.

15

févr.

2017

D'après une histoire vraie

Roman de Delphine de Vigan

D’après une histoire vraie nous raconte l’histoire de Delphine, écrivain en mal d’inspiration. Après la publication de son dernier livre (Rien ne s’oppose à la nuit) qui fut un grand succès, l’écriture devient difficile. Alors qu’elle est face à cette difficulté, elle poursuit sa vie, sort et fait la rencontre d’une autre femme : L. L. est écrivain (ou plutôt nègre) et possède ses propres failles, de par son histoire personnelle. Elle s’insinue doucement, insidieusement dans la vie de Delphine jusqu’à vouloir l’incarner. C’est le récit d’une relation particulière, curieuse, puissante mais également nocive et délétère entre deux femmes : l’une, faible, en proie à son malaise (l’impossibilité d’écrire à nouveau) et l’autre, perverse, saisissant cet instant de faiblesse. Au-delà de cette histoire c’est également une profonde réflexion sur l’écriture, comme divertissement, comme introspection et sur sa difficulté de continuer après son roman précèdent, si personnel. De Vigan maîtrise son roman à la perfection, mêlant avec virtuosité le réelle au fictif, manipulant le lecteur jusqu’aux dernières pages.

 

Olivier C. Je tu lis, on en parle

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mer.

15

févr.

2017

Miniaturiste

Roman de Jessie Burton

Nella a 18 ans lorsqu'elle arrive à Amsterdam chez son mari Johannes, 39ans, riche marchand très en vue. Les calvinistes font régner la peur en cette année 1686. Johannes offre à Nella une maison de poupée à l'image de leur immense demeure. Dans cette demeure, il y a deux serviteurs et sa belle-sœur pétrie de religion. Nella entre en contact avec une miniaturiste qui lui livre des petits objets pour meubler sa maison de poupée, ses objets lui arrivent sans qu'elle ait besoin de les demander. Nella peu à peu découvrira les secrets de son mari et de sa belle-soeur. Une histoire mystérieuse, des personnages attachants, une époque sombre, tout est réuni pour faire de ce récit un bon livre et passer de très bons moments.


Marie-Claire B. Je tu lis, on en parle

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mer.

09

nov.

2016

Il  reste la poussière

Roman de Sandrine Collette

Dans une estancia perdue au fond de la Patagonie vit une famille unie par la haine : la mère et ses quatre fils, les jumeaux, le débile et le petit (Rafaël). La violence est omniprésente. Le manque d'argent, malgré un travail harassant détruit chacun... Rafaël s'obstine, s'occupant des moutons, des chevaux et des chiens. Mais que peut-il rester si ce n'est la poussière ? Chaque page du nouveau roman de Sandrine Collette nous déstabilise et nous tient en alerte.

 

Anne W. Je tu lis, on en parle

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mer.

09

nov.

2016

La voix de ma mère

Roman de Bruno Racine

Un récit- hommage de l'écrivain [directeur de la Bibliothèque Nationale] à sa mère vingt-cinq ans après son décès. Il s’aperçoit un jour qu’il n’arrive plus à décrire la couleur des yeux de sa mère, ni sa voix. Pourtant elle avait un accent, étant née aux États-Unis dans une famille russe d’origine juive. «Il m’a fallu attendre vingt-cinq ans après sa mort pour que surgisse en moi cette interrogation : quelle était la voix de ma mère?» Un fils recherche sa mère à travers des souvenirs en fuite. Récit émouvant, charmant, couvrant une vie entière en peu de pages, ramassées et lumineuses. Dans un style proche de celui des grands classiques, cet ouvrage est écrit avec délicatesse et sans épanchement.

 

Patricia L. Je tu lis, on en parle

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mer.

09

nov.

2016

Tous les vivants : le crime de Quiet Dell

Roman de Jayne Anne Phillips

« Tous les vivants » appartient au registre du roman « vrai ». Son auteure, Jayne Anne Phillips s'est inspirée d'une célèbre affaire criminelle, celle du serial killer Harry Powers qui sévit aux USA dans les années 30.

Asta Eicher, une veuve qui vit avec ses 3 enfants dans une coquette maison, veut sauver sa famille du déclassement social, elle fait appel aux petites annonces matrimoniales. L'heureux élu est le très convenable et très rassurant M. Pierson. Mais qui est vraiment cet homme providentiel ?

Nous plongeons dans ce récit épique sur les traces de ce criminel retors et de ses malheureuses victimes. Il y a dans cette histoire de l'onirisme et de l'effroi, du bruit et de la fureur, de l'obscurité et de la lumière, comme dans l'extraordinaire film de Charles Laughton « La nuit du chasseur » où Robert Mitchum était un maléfique avatar d'Harry Powers. On y rencontre aussi des personnages fictifs et d'autres bien réels, des vivants et des morts, des photos de l'enquête et même le fantôme bienveillant de la petite Annabelle, la fille d'Astan qui sert de fil conducteur à ce roman fascinant.

 

Lionelle F. Je tu lis, on en parle

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mer.

09

nov.

2016

Eh bien dansons maintenant !

Roman de Karine Lambert

Elle a 78 ans, il a 72 ans, deux veufs se rencontrent. L'un aime diriger mais n'a pas su préserver sa femme d'un accident, l'autre a vécu dans l'ombre de sa sœur, puis de son mari.

Tous deux vont essayer de marcher ensemble vers une nouvelles vie. "Eh bien dansons maintenant!" est un roman gai et sensible sur l'approche de la vieillesse.

 

Anne W. Je tu lis, on en parle

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mer.

09

nov.

2016

Bubelé l’enfant à l’ombre

Roman de Adolphe Nysenholc

Circonstances dramatiques qui amènent les parents de Bubelé, leur jeune fils de 3 ans, au placement dans une famille chrétienne d'ouvriers de la banlieue rurale flamande, à l'abri des nazis et des rafles de juifs. L'enfant sait qu'on le cache, comprend qu'il est différent et se demande pourquoi. Le lecteur peut deviner l'horreur de la Shoah comme une sorte de décor dans lequel se ressentent les angoisses de cette enfance. Récit autobiographique, roman de la peur mais aussi quête d'identité, Adolphe Nysenholc a écrit ce texte de 160 pages durant 17 ans.

Dans un premier temps avec des yeux d'adultes, puis l'a modifié afin que le narrateur soit l'enfant qu'il a été, faisant ainsi revivre ses disparus. Dans un style concis et sans pathos, cet ouvrage révèle l'histoire cachée de nos manuels d'histoire. Humour, tendresse, pleurs et sentiments, grande sensibilité teintés d' une certaine approche de la résilience.

 

Patricia L. Je tu lis, on en parle

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