Veuf

roman de Jean-Louis Fournier (2011)

Poésie de l'absence et du désarroi de celui qui reste. Même si on sourit de la dérision et de l'humour, il est terriblement triste. Parce que celui qui parle l'est, le dit, et pleure. Déclaration d'amour de Jean-Louis Fournier pour sa femme Sylvie, il a perdu sa moitié et évoque leur quarante ans de vie commune. " Tu as été ma plus belle qualité, j'espère ne pas avoir été ton plus gros défaut. " A la fois triste et émouvant, il nous parle de son quotidien, de sa solitude et promène son regard sarcastique sur les gens et les choses, les petites choses de tous les jours à jamais différentes. " Depuis que tu es partie, j'ai pu compter jusqu'à sept millions neuf cent quarante-huit mille huit cents. Tu as eu le temps d'aller te cacher loin. Je cherche partout. Je ne trouve pas, je désespère. La partie de cache-cache dure trop longtemps. Allez, tu as gagné, tu peux sortir de ta cachette. Je n'ai plus envie de jouer. Sors de ta cachette, tu as gagné. Sors de ta cachette, je t'en supplie, j'ai perdu, j'ai tout perdu. " Remarques cyniques mais justes, lorsqu'il évoque le questionnaire de satisfaction du crématorium ou les courriers et les publicités que sa femme continue à recevoir quelques mois après sa mort... " J'ai reçu un questionnaire du crématorium du Père-Lachaise, ils veulent savoir si j'ai été satisfait des prestations. Je dois mettre des croix dans des petites cases, de " insatisfaisant " à " très bien ". On demande aussi mes observations et mes suggestions...le choix des textes, le choix des musiques...un service traiteur. A la rubrique " suggestion ", je vais proposer un barbecue géant. " " L'humour est la politesse du désespoir " (Boris Vian), l'humour permet aussi de dire et de supporter la douleur et la tristesse, l'humour comme une carapace. Un livre qui se lit très vite, mais que l'on met longtemps à oublier !

 

Patricia L. Je Tu Lis On En Parle

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